La violence obstétricale est un sujet peu abordé dans la société. Pourtant, ce type de violence touche plusieurs femmes. Selon l’Office de la langue française, la violence obstétricale est un « (a)cte ou (un) comportement du personnel médical envers une femme durant sa grossesse, l’accouchement ou la période postnatale, qui n’est pas justifié médicalement ou qui survient sans son consentement, et qui porte atteinte à sa dignité ou à son intégrité physique ou psychologique[1] ». D’une part, avant de pratiquer une intervention sur une femme, il faut que cette dernière connaisse la nature et le but de l’intervention afin de comprendre ce qui se passe[2]. D’autre part, elle doit aussi être capable de consentir ou non, car la femme a le droit de refuser une intervention[3]. Si cela n’est pas respecté, le professionnel de la santé a atteint les droits et l’intégrité de cette femme.

Il existe plusieurs sortes de mauvais traitements :

  • Des actes médicaux non nécessaires ou désirés : l’utilisation d’une ventouse, l’utilisation d’hormones pour accélérer la sortie du bébé…[4] ;
  • Attitudes du professionnel : juger, rabaisser, infantiliser…  [5] ;
  • L’obligation de maintenir la position couchée sur le dos[6] ;
  • Le manque ou la mauvaise communication des professionnels envers la femme[7] ;
  • Atteinte porter à l’autonomie de la femme [8] ;
  • Contraindre la femme à faire quelque chose en la menaçant : de lui retirer son enfant, etc.[9] ;
  • Prendre en charge son utérus : mettre en doute la capacité de son organe à faire son travail[10] ;
  • Abus verbal, émotionnel et physique : humiliation, cris, brutalité… [11] ;
  • Abus sexuel : touchers vaginaux répétés, commentaires inappropriés sur l’apparence[12]

Certaines femmes vont vivre certaines de ces situations et ne vont pas trop accorder d’importance à ces mauvais traitements, car leur bébé va bien. Donc, elles ne vivent pas l’expérience de façon négative. D’autres femmes vont se sentir mutilées, violées[13] et/ou brimées. Cela va les conduire à ressentir beaucoup d’émotions négatives telles que la peur, l’anxiété, le stress post-traumatique, une diminution de l’estime de soi, de la honte et de la culpabilité, etc.[14]

Il peut être difficile pour les femmes qui ont subi de mauvais traitements de parler de leur vécu ou de leurs émotions. La femme devrait vivre l’accouchement qu’elle désire (sauf si bien sûr la vie de la mère et/ou du bébé est menacée). La naissance d’un bébé est un évènement heureux où la femme a le droit d’avoir pleine possession de son corps. Elle a le droit au respect de son intégrité. Elle ne doit pas non plus ressortir de son accouchement avec des émotions négatives ou des traumas. De ce fait, la violence obstétricale n’a pas sa place. Il faut en parler afin d’éliminer ce fléau et briser l’isolement des femmes.

Il existe plusieurs moyens pour vous aider si vous vous sentez interpeler par cet article :

  • Appeler Tel-Aide si vous ressentez une détresse émotionnelle : 514 935-1101 (ouvert 24 h sur 24 et 7 jours sur 7) [15] ;
  • Demander un suivi psychologique (psychothérapeute, relation d’aide…) ;
  • Vous pouvez vous confier aussi à un proche de confiance pour briser l’isolement ;
  • Discuter sur des groupes de femmes qui ont vécu de la violence obstétricale : STOP violences obstétricales et gynécologiques[16], Stop à l’Impunité des Violences Obstétricales[17] ;
  • Écrire ce que vous avez vécu pour vider votre charge émotive (cahier personnel, forum …) ;
  • Formuler une plainte au collège des médecins[18] ;
  • Possibilité d’avoir recours aux tribunaux civils[19].

Vous pouvez aussi communiquer avec le Centre pause santé maternité, plusieurs services sont offerts :

  • Tente rouge : prise de parole entre femmes pour libérer sur son vécu 
  • Demander un suivi avec la thérapeute Sylvie Lapointe 438-870-4538.

Sandra Lemieux
Stagiaire en sexologie


[1] Office de la langue québécoise (2018) Violence obstétricale http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26544720

[2] Lévesque, S., Bergeron, M., Fontaine, L. & Rousseau, C. (2018). La violence obstétricale dans les soins de santé : une analyse conceptuelle. Recherches féministes, 31 (1), 219–238. https://doi.org/10.7202/1050662ar

[3] Ibid.

[4] Michel, C. & Squires, C. (2018). Entre vécu de l’accouchement et réalité médicale : les violences obstétricales. Le Carnet PSY, 220 (8), 22-33. doi:10.3917/lcp.220.0022 

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7]  Ibid.

[8] Marie-Laure Franeczek. (2018) Violence obstétricale : essai de définition à partir de la littérature scientifique. Gynécologie et obstétrique. https://afar.info/biblio/public/3059.pdf

[9] Ibid.

[10] Ibid.

[11] Ibid.

[12] Stop la violence obstétricale et gynécologique — Québec. Les violences obstétricales. http://stopvog.org/vog/les-violences-obstetricales/

[13] Marie-Laure Franeczek. (2018) Violence obstétricale : essai de définition à partir de la littérature scientifique. Gynécologie et obstétrique. https://afar.info/biblio/public/3059.pdf

[14] Ibid.

[15] Tel-aide : https://www.facebook.com/telaide/

[16] STOP violences obstétricales et gynécologiques https://www.facebook.com/STOP-violences-obstétricales-et-gynécologiques-1884929084877423/

[17] Stop à l’Impunité des Violences Obstétricales https://www.facebook.com/groups/stopalimpunitedesviolencesobstetricales/#_=_

[18] Ibid.

[19] Collège des médecins du Québec. Formuler une plainte. http://www.cmq.org/page/fr/formulaire-plainte.aspx