Les partys de Noël et le consentement enseigné à nos enfants

Cette année est bien spéciale… il n’y aura sûrement pas de grandes réunions familiales comme toutes les années, mais ce n’est pas une raison pour ne pas parler de consentement avec vos enfants. C’est toujours le temps de parler de consentement avec les enfants, mais on dirait que le temps des fêtes si prêt encore mieux… alors voici un petit guide pour introduire la notion de consentement à vos enfants.

Tout d’abord, les enfants doivent comprendre que leur corps leur appartient et que ce sont eux qui décident de faire ce qu’ils veulent avec celui-ci. Ils ont droit au respect de leur corps (principe de l’intégrité physique). C’est-à-dire que s’ils ne veulent pas jouer à la Tag, prendre un bain avec leur sœur ou leur frère, ou faire un câlin à une tante ou un oncle, ils ont le droit. Le consentement, l’affirmation de soi, le respect envers soi-même et envers les autres se sont des apprentissages qui débutent jeunes.

De même, le consentement ne concerne pas seulement la sexualité ou les comportements sexuels. Le consentement est la manière de faire respecter son corps, ses choix et ses opinions par les autres. Et, que nous-mêmes nous respections le corps, les choix et les opinions des autres autour de nous. Éventuellement, quand nous grandissons, le consentement est majoritairement abordé lorsqu’il concerne la sphère de la sexualité. Mais, durant l’enfance, il concerne plusieurs autres sphères de la vie.

En tant que parent, il est primordial d’apprendre à son enfant le consentement, les diverses limites des uns et des autres ainsi que de s’affirmer lorsqu’il est d’accord mais, surtout, lorsqu’il est en désaccord. Ainsi, l’enfant doit être en mesure de formuler son opinion affirmative ou non, de dire ce qu’il pense, d’affirmer ses besoins et de demander s’il veut quelque chose1. De même, l’enfant doit être en mesure d’écouter les autres et leurs besoins, c’est-à-dire de respecter le consentement de l’autre puisque tout le monde ne possède pas les mêmes besoins ni les mêmes limites.

            Après avoir appris à son enfant le consentement et l’affirmation de soi, il est préférable d’aborder les points suivants :  

  • Si l’enfant se retrouve dans une position inconfortable, et ce, même après avoir affirmé son consentement négatif (ou absence de consentement), il n’est pas responsable de ce qui s’est passé. Ce sont les adultes qui sont responsables. Il est important de le mentionner, car les enfants peuvent se sentir coupables et porter le poids de vos émotions. 2 Ils sont vulnérables et nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’ils se protègent. 2
  • L’enfant doit savoir à qui il peut parler s’il a besoin de se confier. Vous pourriez l’aider à identifier diverses personnes auxquelles il pourrait se confier, par exemple à un.e professeur.e, à un.e éducateur.trice à l’école, à des grands-parents, à un parrain ou une marraine. En tant que parent, le fait d’encourager son enfant à se confie à diverses personnes valide son instinct (à repérer les personnes de confiance : compétence très utile), son consentement (il nomme lui-même des personnes en qui il a confiance, l’adulte respecte ses opinions et ses choix) et renforce la sécurité autour de lui (plus il y a d’adultes de confiance autour de lui plus l’enfant est en sécurité et plus il y a de chances que l’enfant se confie s’il vit une situation inconfortable).

            Bien évidemment, le consentement, ça s’apprend… mais ça s’observe aussi… en tant qu’adulte vous devez aussi prôner l’importance du consentement pour vous-même, soit le fait de respecter vos limites, et pour les autres, soit le fait d’écouter et de respecter les limites des autres. Vous devez aussi respecter les limites corporelles de vos enfants et inciter les autres à le faire aussi.

Par exemple, si dans un party de Noël, vous remarquez que votre enfant est mal à l’aise de donner un câlin à une personne, il faut valider l’enfant dans sa limite et expliquer à la personne que notre enfant ne veut pas, et que nous n’allons pas l’y obliger, car il a le droit d’exprimer sa volonté. Le fait de se forcer à faire quelque chose de non voulu n’est pas un comportement à encourager chez nos enfants. Le fait d’avoir l’appui des adultes, surtout de ses parents, aidera l’enfant à s’affirmer de plus en plus.

Vous devez être l’allié.e de votre enfant lorsqu’il exprime ses limites et qu’il souhaite faire respecter son consentement ou son absence de consentement.

Voici deux sources qui pourront vous aider à continuer votre réflexion sur le consentement chez les enfants :

  1. Une bande dessinée d’Élise Gravel qui aborde le sujet du consentement : http://elisegravel.com/blog/consentement-explique-aux-enfants/
  2. Un article de blogue de Naître et Grandir, rédigé par France Paradis, qui illustre bien la réflexion à avoir derrière le fait de forcer un enfant à donner un câlin ou un bizou  à l’entourage: https://naitreetgrandir.com/blogue/2016/07/08/un-petit-bisou/

Rédigé par : Marie-France Girard, stagiaire en sexologie

Sources :

  1. Comitys (2018). Le consentement expliqué aux enfants. Repéré à : https://www.comitys.com/consentement-explique-aux-enfants/
  2. Naître et grandir (2014). L’abus sexuel. Repéré à : https://naitreetgrandir.com/fr/etape/3-5-ans/vie-famille/fiche.aspx?doc=abus-sexuels