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La nuit est enfin arrivée. Mes contractions de plus en plus rapprochées, ma nostalgie et mon excitation m’ont empêchée de fermer l’œil.

À 5 heures du matin, je suis allée dans le bain : j’étais tannée de « subir » mes contractions sur mon divan. Mais dans le bain, je ne me sens étonnament pas mieux. J’avais l’impression d’être prise comme un animal en cage, de manquer d’espace, et paradoxalement, d’avoir trop la bedaine en apesanteur. J’avais besoin qu’on me sert le ventre!

À 6 heures, ton papa est descendu, et je l’ai envoyé travailler. À 6 heures 30, j’ai téléphoné à la sage-femme. Bien que les contractions étaient toujours éloignées, je les ressentais tellement intensément. Elle est restée un moment au bout du fil avec moi pour écouter mon chant de femme en travail, pour m’entendre respirer mes contractions. J’en ai alors eu 2 plus rapprochées. Elle a décidé de s’en venir.

J’ai donc prévenu la photographe Valérie Turcotte et tante qui habite loin et doit se préparer pour venir avec ton cousin. Et surtout, je téléphone à ton papa qui venait à peine de commencer son quart de travail.

Crédit photo: Capteuse de vie photographie

À 7 heures, ton père est arrivé, suivi de près par la sage-femme. Elle m’a évaluée : dilatation de 6 centimètres, membranes bombantes, tête encore haute, position floue du bébé. Les contractions n’étaient pas tant régulières, mais tellement intenses… Je te sentais bien, toi, mon bébé, dans mon corps, dans mon bassin!

Et au fond de moi, je te savais pris, coincé. Je me disais que tu manquais de place, et pourtant, du haut de mes 41 semaines et 1 jour de grossesse, j’avais toute une bedaine : de la place, tu n’en manquais pas!

J’ai pris les contractions à quatre pattes dans ta future chambre. Ta tante a pensé à mettre la musique de Deuter pour m’aider à entrer dans ma bulle : à me connecter à toi.

Crédit photo: Capteuse de vie photographie

Mais peine perdue! On n’était pas prêtes, toi et moi, il faut croire!

Je suis donc sortie dehors. Dans la cour, je me suis accotée un peu partout. Ta tante s’est attelé à installer le rebozo après le punch bag de ton père. J’ai donc commencé à me suspendre. Ton papa, bien présent, me faisait des points de pression. Ta grande sœur dormait toujours…

J’ai perdu la notion du temps, tout en restant consciente que c’était bien plus long que je me l’étais imaginé à la base. Je suis allée prendre quelques contractions aux toilettes, puis je suis retournée à la chambre en me suspendant après le cou de tous mes accompagnateurs, en alternance.

Crédit photo: Capteuse de vie photographie

On m’a suggéré un autre toucher vaginal. Verdict : 8 centimètres, membranes ultra bombante. On me suggère aussi de crever mes membranes, mais je ne le feelais pas, je te sentais mal placée.

Je suis allée dans la douche : j’ai essayé de t’aider pour que tu te repositionnes. Je me suis mise en position du coureur. Ça faisait tellement mais tellement mal… mais je respire. J’ose le grand voyage, l’unique, le vrai, que je me disais. J’ai fermé mes yeux symboliques (et biologiques aussi!) pour aller voir ce qui se passais en dedans de moi. Je te sentais bloquer au niveau de ma symphyse pubienne.

Je me questionnais : est-ce que je vais y arriver ? Oui, c’est certain! Mais comment? C’est si intense!

Et la sage-femme qui me parlait de nouveau de rupture des membranes… J’ai succombé, sans savoir si c’était la meilleure option pour toi, pour nous, mais une envie de passer à la prochaine étape me taraudait. Je suis donc retournée à la chambre avec ton papa. La sage-femme a procédé, et je me suis presque écrié : « Oh my god! Ça fait du bien! C’est chaud! C’est doux! »

Et c’est là que j’ai eu un BABY BOOM! Un baby boom de contractions! L’intensité à son maximum! Je ne savais plus comment m’installer! Je serrais tellement fort les doigts de ton papa… Ta grande sœur était là, toute fière et heureuse de pouvoir te voir bientôt! Je l’entendais dire à qui veut bien l’entendre : « C’est mon bébé! Il sort de la vulve de Maman! » C’était tellement adorable, la plus belle des trames sonores!

Je te sentais vivement, et avais tellement peur de déchirer! Tu t’es faufilée de façon si naturelle. J’ai crié à la sage-femme : « Enlève tes doigts de mon vagin! »  J’ai touché : je t’ai touché! C’était toi! Oh my god! C’était ta tête, un tout petit bout de ta tête!

Crédit photo: Capteuse de vie photographie

En quelques minutes, PLOUCH! Tu es née, à 12 heures 58 le 27 juillet…

Les lunettes de la première sage-femme ont revolé, la deuxième sage-femme a essayé de t’attraper, en vain… Tu as pris tout le monde par surprise avec cette glissade!

Finalement, c’est moi qui t’a agrippée la première.

Et le plus beau feeling ever: ta chaleur, ton odeur, ton corps contre le mien. Ta peau collante… Mon bébé, mon amour.

Crédit photo: Capteuse de vie photographie